Et oui, il y a encore beaucoup de choses à dire à propos de la Nouvelle-Calédonie !
Pour commencer, tout ce qui est raconté dans cet article n’engage que Julien (oui quand je l’appelle comme ça, c’est que sérieux) et moi. Il s’agit de notre vision du caillou et de nos premières impressions après un mois d’installation en Nouvelle-Calédonie.
Tout d’abord, depuis notre arrivée, nous sommes agréablement surpris par l’accueil et la courtoisie des habitants, et ce quelle que soit la culture. En effet, dans la rue et même en voiture, les gens se disent bonjour et parfois même avec des grands gestes de la main comme s’il s’agissait d’un ami de longue date 😊. C’est tellement agréable de croiser des personnes souriantes dans la rue, qui plus est, avec des palmiers 🌴 au-dessus de nos têtes ! Les calédoniens sont très ouverts à la discussion et au partage. Et encore, nos collègues de formation, eux, trouvent que Nouméa est l’endroit le moins chaleureux de l’île, contrairement à la brousse, où la population est moins dense. Conclusion : nous avons hâte d’explorer le reste de l’île ! 🏝
Comme chaque territoire, la Nouvelle-Calédonie a ses propres dialectes. Et au total, ce n’est pas moins de 28 langues et 11 dialectes différents parlés sur le sol calédonien ! Merci à nos collègues de formation, qui grâce à eux, notre vocabulaire s’enrichit rapidement !
Le mot emblématique du caillou est « tata ». Il est coutume de l’utiliser pour dire « au-revoir ». Décidément, le mot « tata » est un mot universel à multiples usages car au Togo, il désigne une marque de respect quand on s’adresse à quelqu’un : « Bonjour tata » ou « Bonjour tonton ».
Également, si vous posez une question à un calédonien et que vous n’obtenez pas de réponse orale, ne soyez pas surpris : pour dire oui, un haussement de sourcils suffit 🤔. Nous nous excusons donc auprès de tous les calédoniens à qui nous avons répétés nos questions quand nous ne connaissions pas encore la signification du haussement de sourcils !
La Nouvelle-Calédonie est un territoire extrêmement riche en cultures, ce qui la rend à la fois si conviviale et si compliquée sur le plan politique. De nombreuses ethnies y vivent, et ce depuis la loi sur l’exécution de la peine aux travaux forcés en 1854. Il s’agissait de la fermeture des bagnes en France et de leur évacuation « au progrès de la colonisation française ». Les bagnards ont alors eu l’obligation de rester à vie sur l’île et d’effectuer des travaux forcés le temps de leur peine avant de se voir attribuer une terre à leur libération. Ainsi, ils ont participé à des opérations d’envergure comme l’édification de principaux bâtiments, l’adduction de l’eau dans la ville, l’ouverture de principales rues, la construction des quais, le forage des mines, l’extraction du nickel etc.
C’est ainsi que la Nouvelle-Calédonie s’est diversifiée en termes de cultures. Il y a tout d’abord les kanak qui sont les autochtones mélanésiens. La Mélanésie est l’une des trois grandes régions d’îles (avec la Polynésie et la Micronésie) de l’Océan Pacifique qui forment ensemble l’Océanie. La Mélanésie est alors composée de la Nouvelle-Calédonie et de ses îles voisines comme les Fidji, les îles Salomon, Vanuatu et la Nouvelle-Guinée. Les caldoches, quant à eux, sont les descendants des bagnards installés depuis des générations et enfin, les zoreilles sont les métropolitains (c’est-à-dire juju & moi).

Tous ces mélanges culturels font de la Nouvelle-Calédonie un territoire unique. Or, le triste constat est pourtant le cloisonnement des populations. En effet, c’est assez paradoxal car le caillou est un mélange de cultures mais qui pourtant ne se mélangent pas entre elles. Par exemple, certains quartiers ne sont fréquentés que par les zoreilles comme la BD ou l’Anse Vata qui sont des zones touristiques et d’autres uniquement par les kanak comme la plage Magenta ou la place des cocotiers. Cette séparation se ressent surtout à Nouméa où se concentre 80% de la population en Nouvelle-Calédonie, c’est-à-dire presque 200 000 personnes (banlieue comprise) sur un total de presque 300 000 habitants sur le caillou.
Heureusement, de nombreux évènements sont régulièrement organisés où toutes les cultures sont représentées comme par exemple le festival Caledonia et la foire du Pacifique. C’est un régal gustatif à chaque fois comme le célèbre gâteau tahitien chocolat coco que Juju adore ! Perso, je suis plus team noix de coco à la paille 🥥

Pour revenir sur le métissage, la Nouvelle-Calédonie a également connu la présence américaine pendant plusieurs années. En effet, en 1942, Nouméa a servi de base aux américains à la suite de l’attaque de Pearl Harbor par les forces aéronavales japonaises contre la base américaine située sur l’île d’Oahu dans le territoire américain d’Hawaï. Cette attaque a alors provoqué l’entrée des Etats-Unis dans le conflit de la 2nd GM. La mission était alors de protéger la Nouvelle Calédonie face à l’expansionnisme de l’ennemi japonais. Pendant 5 ans, américains et calédoniens ont vécu ensemble et la Grande Terre a ainsi connu un grand essor économique, politique et social.
Aujourd’hui, il reste de cette période un mémorial américain en centre-ville et une ancienne polyclinique américaine (surnommée « le mouroir ») en face de la plage d’Anse Vata mais qui va être remplacée par une esplanade de loisirs avec un espace mémoriel dédié à la présence américaine en raison des travaux sur cette plage. Également, des quartiers qui ont été créés à l’occasion ont conservé leur nom d’origine comme le quartier Motor Pool, notre quartier, (en raison du parking des engins motorisés) ou encore le quartier Receiving, quartier voisin, (en raison de la réception de la station radio). Il reste aujourd’hui de la nostalgie de cette période chez les calédoniens.

Les Etats-Unis, quant à eux, sont de nouveau inquiets des ambitions militaires de Pékin dans le Pacifique car en avril dernier, un accord de coopération en matière de sécurité a été signé entre la Chine et les îles Salomon… Sans parler des récents tirs de missiles par la Corée du Nord en réponse à la menace militaire par les Etats-Unis et ses alliés dans la région. Ces tirs étaient des simulations nucléaires tactiques dont l’un a survolé le Japon avant d’atterrir dans le Pacifique… Face à cette menace croissante, les Etats-Unis, la Corée du Sud et le Japon ont intensifié leur coopération militaire.
Il est impossible d’aborder la richesse culturelle du caillou sans évoquer la question de l’indépendance. C’est une question qui bouleverse la Nouvelle-Calédonie depuis presque 40 ans.
Les tensions qui en découlent ont commencé en 1984 avec la guerre civile opposant les loyalistes d’un côté (favorables au maintien de la Nouvelle-Calédonie au sein de la République française) et les indépendantistes de l’autre côté. L’année 1988 a été l’année la plus violente avec la tragédie d’Ouvéa qui a fait 21 morts. Ce drame a alors poussé la signature des accords de Matignon la même année entre Jacques Lafleur, caldoche représentant des loyalistes et Jean-Marie Tjibaou, kanak représentant des indépendantistes. Ce dernier en payera sa vie un an plus tard, assassiné par un militant indépendantiste opposé aux accords de Matignon et un musée portera son nom : le centre culturel Tjibaou.

Ces accords ont été signés par l’Etat français et les 2 partis opposés à savoir, le RPCR (Rassemblement pour la Nouvelle Calédonie) et le FLNKS (Front de libération nationale kanak et socialiste). La poignée de main entre les deux représentants des partis (cités précédemment) est devenue célèbre et a été immortalisée par une statue inaugurée en centre-ville sur la place de la paix en juin dernier.

Les accords de Matignon prévoyaient une période de 10 ans de développement économique, social, culturel et institutionnel ainsi qu’un référendum en 1998. Ce dernier a finalement été remplacé par l’accord de Nouméa en 1998 qui prévoyait un référendum d’autodétermination et le transfert de certaines compétences de la France vers la Nouvelle-Calédonie. La loi organique de 1999 a prévu 3 référendums en cas de victoire du non. En 2018, en 2020 et en 2021, la réponse a été « non » à la question sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie.
Le processus de décolonisation étant alors arrivé à son terme à l’issue du dernier référendum d’autodétermination en décembre dernier, les parties doivent alors s’accorder entre elles pour doter la Nouvelle-Calédonie d’un statut.
Récemment, nous avons eu la visite officielle du ministre chargé des Outre-mer, Jean-François Carenco, qui est loin d’avoir fait l’unanimité. Il faut dire qu’il n’est pas passé inaperçu notamment quand il a annoncé qu’il n’y aurait pas de référendum de projet pour valider un nouveau cadre juridique pour la Nouvelle-Calédonie, ce qui était pourtant promis par son prédécesseur, avant finalement de revenir sur ses propos dès le lendemain.
Sa visite avait pour objectif de permettre une reprise du dialogue entre le gouvernement et les indépendantistes, rompu depuis le référendum sur l’indépendance en décembre dernier. A la fin du mois, loyalistes et indépendantistes sont attendus à Matignon pour discuter. Or, aussi bien les loyalistes que les indépendantistes ont rejeté l’idée d’une discussion tripartite.
Voilà, vous savez tout ou presque sur la Nouvelle-Calédonie !
la nouvelle caledonie a surement beaucoup de charmes,et beaucoup de choses à decouvrir!!mais il faut rester vigilant!!j’ai connu dans les années 1980,un CRS qui etait commandant sur l’ile!!ce fut une periode tragique!!merci pour vos infos.bisous à vous deux
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Oui en effet beaucoup d’évènements tragiques dans les années 1980… Avec encore des séquelles aujourd’hui ! Mais on avance 💪
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Article passionnant. Nous avons appris plein de choses.
Merci beaucoup pour ce partage. A continuer !!!
Bisous ♥️
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Cc les jeunes metci pour ce partage ça m à rapl certains souvenirs surtout ouvea ou j avais un ami gendarme la bas à ce moment là enfin bref. Profiter bien de vous enrichir s est si intéressant. Ici tout va bien on a enfin la salle a la garosse on passe toujours de superbe moment . Pour ma part j dois demenager en debut d annee a chalais en charente donc je continurais le sport sante mais moins de jours mais maxime va voir pour me grouper des heures . Enfin depuis le temps que je cherchais . J suis heuresuse pour vous. Faite bien attention à vous et au plaisir de lire la suite merci gros bisous à vous deux
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