Après un petit déjeuner à base de fruits et d’une barre de céréales Décathlon, c’est reparti pour une nouvelle journée !
Le vent est toujours présent et n’a pas changé de direction. Depuis le début du périple, nous nous faisions la réflexion de ne croiser que des gens dans le sens inverse. On commence à croire que nous sommes les seuls cyclistes de la Vélodyssé à partir du Sud pour rejoindre le Nord. Mais dès le début de cette journée, nous croisons une dame qui à l’air d’utiliser la Vélodyssé dans le même sens puisqu’elle est aussi chargée que nous et que nous allons nous suivre sur plusieurs kms (ça sera la seule et unique personne qu’on croisera dans le même sens que nous durant ce voyage…). On se rassure comme on peut 🥲
Il faut aussi que je vous parle du fait de rester plusieurs heures sur une selle de vélo. Ça parait simple le vélo, quand on est assis sur le canapé devant le Tour de France (ce que j’adore faire tout le mois de juillet). Mais en réalité, après une heure de vélo, si vous n’avez pas un cuissard rembourré ou une selle moulée à la forme de votre postérieur, vous allez passer votre temps à trouver une position agréable. Pour ma part, je n’ai pas trop de problèmes car je pense que j’ai pris l’habitude mais pour Ambre c’est une autre histoire…
Déjà, il faut savoir qu’elle voyage avec un VTC loué pour l’occasion. Elle n’a donc pas l’habitude de cette monture et il faut avouer que la selle de ce vélo n’est pas la plus confortable. Durant les premiers jours, et malgré le cuissard rembourré, elle à dû accrocher comme elle pouvait un pull sur la selle pour rajouter un peu de confort.
Tout ça pour vous dire qu’entre les conditions climatiques (froid et vent), son genou et ses fesses, vous comprenez que ça commence à faire beaucoup ! Mais Ambre a des ressources mentales qui ne sont plus à prouver et qui m’impressionnent un peu plus chaque jour ❤️
Après 10km de vélo, nous sommes en train de contourner la ville de Rochefort en longeant la Charente, nous apercevons une immense structure métallique qui fait passer les piétons d’une rive à l’autre : c’est le Transbordeur !

Nous sommes vraiment impressionnés par cette structure (unique en France) donc on s’empresse d’aller acheter deux tickets car le prochain départ est dans deux minutes. C’est une vraie parenthèse car ça coupe la monotonie et pour nous, il est logique que l’itinéraire continue de l’autre côté de la rive (vous me voyez venir ?). Nous arrivons de l’autre côté, à Echillais, et puis j’aperçois plusieurs panneaux mais pas ceux que nous suivons depuis le début de la journée. En vérifiant l’itinéraire prévue, je me rends compte très rapidement que nous devions simplement continuer à suivre la Charente mais sans la traverser… Ouf, il y a une ville à 10km d’ici, à Soubise, avec un passage pour retraverser la rive ! On ne se rallonge pas vraiment mais on va dire que psychologiquement, avec la fatigue, c’est usant.



En arrivant à Soubise, je commence à sérieusement paniquer. La ville n’est pas grande et je n’aperçois pas de pont pour traverser. Extérieurement, je rassure Ambre mais intérieurement je réfléchis déjà à la manière dont je vais devoir lui annoncer que nous devons revenir sur nos pas et que nous venons donc de faire 20km pour rien… Mais fort heureusement pour nous deux, il est possible de traverser grâce à la navette fluviale entre Soubise et Rochefort. Grand moment de soulagement de courte durée…
Vous vous souvenez des 2€ donné à un homme à Hourtin ? Bingo ! C’est pile la somme qui nous manque pour pouvoir payer la navette fluviale qui n’accepte que la monnaie. Me voila reparti sur le vélo pour trouver le seul et unique guichet qui distribue de l’espèce dans cette ville. Après un peu plus de 2km en mode contre-la-montre, je me dépêche de retirer de l’argent puis de regagner la navette. Nous traversons pour la deuxième fois de la journée la Charente et on espère juste que toute la journée ne sera pas aussi mouvementée sinon ça risque d’être long 😄



Quelques centaines de mètres après la reprise, nous passons à côté d’un magasin Décathlon. C’est le moment de refaire le stock de barres énergétiques mais aussi d’acheter une sur-selle pour madame Ambre (merci les -25% en tant qu’employé chez Décathlon…).
Après toutes ses péripéties, et 30km de vélo depuis le départ, nous décidons de manger dans un restaurant routier à Yves. Bon, c’est le seul de la ville donc on ne va pas faire les difficile de toute manière. Nous venons de longer une autoroute pendant plusieurs kms donc on n’est pas trop étonné d’arriver dans un resto routier. Mais ce n’est pas le cas des personnes en train de manger. Au moment de rentrer dans la pièce, un grand silence et tous les regards se portent sur nous. Casque à la main et cuissards bien moulants, ils ont l’air de se demander pourquoi on fait ça. Rassurez-vous, nous aussi on se le demande des fois ! Sur un grand panneau à l’entrée, il y avait marqué « deux salles : deux ambiances », on à dû se tromper de salle 😬
Blague à part, le repas était très bon et ça fait du bien psychologiquement d’être à l’abri du vent car c’est vraiment usant sur le plan physique mais aussi psychologique.

L’après-midi continue sur les mêmes bases que le début de la journée, à la différence que nous sommes encore plus exposés au vent. Nous allons longer la côte atlantique en passant par Châtelaillon-Plage avant d’arriver à La Rochelle vers 16h.
Après une sacrée journée de 60km en 4h15, on méritait bien une petite gaufre non ? C’était clairement notre motivation pour arriver à destination car le plaisir n’était pas réellement présent sur cette fin de journée. Ambre continue d’avoir mal au genou donc on s’arrête acheter l’équivalent du « Voltarène » pour essayer de calmer la douleur.





Cette nuit, nous dormirons dans un Airbnb au Nord du centre-ville de La Rochelle. On va pouvoir profiter du confort d’un lit mais aussi faire le point sur le voyage. La fatigue est vraiment présente et Ambre a de plus en plus mal au genou, même quand elle marche. Continuer, raccourcir, arrêter, … A ce moment-là, pleins de questions se posent. Ce n’est pas évident de faire la part des choses entre l’envie et nos capacités à finir ce voyage. Et dans ce voyage nous sommes deux, il est hors de question qu’un de nous continue pendant que l’autre arrête. Nous finirons ce voyage ensemble quoiqu’il arrive.
Après une petite sieste et un bon repas, le moral revient petit à petit. Nous allons profiter de ces conditions pour récupérer un maximum et nous verrons demain… c’est quand même nos vacances à la base !
C’est comme en voilier, il faut faire avec la direction du vent :). Il reste 8 ponts transbordeurs répartis dans le monde, nous en avons pris un magnifique à Bilbao. Enfin le dénouement de l’histoire de la pièce de 2€ ;). Les repas dans les restaurants routiers sont toujours copieux. Et Ambre est une femme pleine de ressource. Mais je suis bien d’accord, quelle idée de se faire autant violence 🙂
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